Conférence – Infrastructures et (in)habitabilité : leviers de la transformation ? – jeudi 19 février – en ligne – Centre des Politiques de la Terre
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ÉvénementsSession organisée par le Centre des Politiques de la Terre
De 10h à 12h30, le jeudi 19 février 2026
Le lien sera transmis aux inscrits : INSCRIPTION!
Vous trouverez ici le programme de cette sixième séance :
Les grandes infrastructures (barrages, gravières, mines, forages, routes, entrepôts, usines…) constituent la base matérielle incontournable de multiples étapes des processus économiques (extraction de ressources, transformation, circulation, production d’énergie, transport, etc.). Ces infrastructures sont aussi en étroite relation avec les normes de l’État et avec le droit. Ainsi, les grandes infrastructures façonnent les systèmes socio-écologiques dans les territoires autant que les rapports sociaux, politiques et économiques à différentes échelles. Longtemps présentées comme vecteurs d’aménagement et moteurs du développement des territoires, les grandes infrastructures sont aujourd’hui de plus en plus questionnées comme étant une cause de leur inhabitabilité : elles seraient le support d’économies extractives voire prédatrices, provoquant l’artificialisation des sols et des perturbations majeures des cycles biogéochimiques (raréfaction des ressources, pollutions, destructions des sols et des habitats, érosion de la biodiversité) en même temps que des inégalités (distribution des gains et des expositions), des violences (accaparement des terres et des ressources, violences de genre et contre les populations, répression) et des injustices socio-environnementales croissantes (expositions aux polluants, accès aux communs).
Ce constat place les grandes infrastructures au cœur de nouveaux questionnements : qui tire profit de quelles infrastructures, à l’échelle des territoires et au-delà ? Qui est au contraire exploité ou exposé à leurs dégâts ? Quelles données produisent les recherches scientifiques, quels aspects et quelles expériences (par ex. travailleurs versus femmes et enfants) sont mis en lumière et quels autres sont laissés dans l’ombre ? Dans quels rapports politiques et dans quel type de métabolisme territorial (Sud / Nord global, centre / périphérie, ville / campagne) les grandes infrastructures s’inscrivent-elles et comment ces rapports se matérialisent-ils ? Comment, par quels processus et à quelles conditions, différentes catégories d’acteurs et d’actrices (habitant-es, pouvoirs publics, économiques, ainsi que les scientifiques eux-mêmes) peuvent-iels contribuer à refaçonner des territoires dont l’habitabilité est menacée ?
Pour répondre à ces questions, Isabelle Hillenkamp animera un dialogue entre deux scientifiques engagées dans des recherches transformatrices, se situant à l’interface science/société, et combinant co-construction de données au sein d’équipes interdisciplinaires et dispositifs de transformation socio-écologique (tels que jeux sérieux et exposition arts-sciences) :
– Laurence Maurice est hydrogéochimiste et directrice de recherche à l’IRD, membre du laboratoire GET (Géosciences Environnement Toulouse). Spécialiste des contaminants métalliques, des impacts environnementaux et expositions humaines liés aux activités extractives, elle travaille en inter- et transdisciplinarité sur l’analyse des vulnérabilités environnementales et sociales dans des territoires impactés, principalement en Amérique du Sud (et notamment, sur la mine d’or de la Rinconada au Pérou). Très engagée dans les sciences de la durabilité, elle participe à la co-construction de nouveaux éléments de réponse et de voies de changement avec les populations locales et avec les acteurs publics en charge de la gestion et de la prévention des risques liés à l’extractivisme.
– Hélène Guétat-Bernard est professeure de sociologie au Ministère de l’agriculture et de l’alimentation en France, à l’ENSFEA (école nationale supérieure de formation de l’enseignement agricole) et membre du LISST, équipe Dynamiques rurales à Toulouse. Ses recherches portent sur le genre et l’agriculture familiale, le développement rural, les mobilités, les identités, le care et environnement, le rapport au vivant, la gestion des ressources et l’alimentation en France, en Inde, en Afrique de l’ouest et au Brésil. Elle participe à plusieurs projets de recherche interdisciplinaire et participatif, parmi lesquels le projet NAPALAIR, à propos de l’impact sur la nappe phréatique de l’activité de gravières en Ariège (notamment l’extraction de granulats à grande échelle).
Pour consulter le programme des séances à venir ou revoir les séances des cycles passés : SÉMINAIRES



