Territoires possibles Depuis plus de vingt ans, l’Atelier du Rouget développe une démarche patiente au cœur des territoires en marge et de la ruralité. Ses projets sont de natures et d’échelles multiples, à l’image de ces milieux habités, eux-mêmes extrêmement contrastés : logements individuels et collectifs, équipements culturels et sportifs, plans guides, infrastructures, mobiliers… À partir de ces expériences répétées et singulières, conjuguées à un approfondissement théorique soutenu, se dégagent quelques principes qui, loin de se présenter comme des règles rigides, apparaissent bien plutôt en filigrane des projets. Le principe d’attachement d’abord, qui renvoie aux milles liens dont sont tissés les milieux habités et dont il est urgent de veiller à la préservation, voire à la régénération. Le principe du possible, élément essentiel de tout projet conscient de l’imprévisibilité. Le principe de la durée enfin, si crucial à notre époque marquée par une crise écologique sans précédent, qui s’incarne dans une attention au temps long, à la maintenance et à la transmission d’un précieux héritage humain. Ces trois fils rouges de l’attachement, du possible et de la durée composeront la trame de la conférence.
Architecte-urbaniste, Simon Teyssou est né à Paris en 1973 d’une mère américaine et d’un père français. Il fonde l’Atelier du Rouget en 2001, dans le Cantal. La pratique de l’agence s’appuie sur une approche transcalaire et pluridisciplinaire attentive aux sols, aux ressources, aux petites centralités, aux usages, aux modes constructifs et à l’économie de moyens. Il enseigne le projet d’architecture à l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Clermont-Ferrand, qu’il a dirigée pendant six ans. L’année 2023 marque une double reconnaissance avec l’obtention du Grand Prix de l’Urbanisme et du Global Award for Sustainable Architecture, placé sous le patronage de l’UNESCO.