Soutenance de thèse – Les architectes face à l’habitat rural précaire – Lise Gaillard – ENSA Bretagne – 5 juin 2026
Les architectes face à l’habitat rural précaire. Etudes des possibilités de rencontre et d’amélioration des situations de vie par l’architecture.
Cette thèse a été réalisée sous la direction de Christophe Camus et Hélène Bailleul, au sein du laboratoire GRIEF de l’ENSA Bretagne et de l’école doctorale Espaces, Sociétés, Civilisations (ESC).
La soutenance aura lieu le vendredi 5 juin 2026 à 14h30 à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Bretagne (44 boulevard de Chézy, 35000 Rennes), en salle 01. Elle sera suivie d’un pot auquel vous êtes chaleureusement convié·es.
Pour celles et ceux souhaitant participer à distance, veuillez renseigner votre contact dans ce formulaire, un lien vous sera transmis ultérieurement.
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La thèse sera discutée par le jury suivant :
M. Olivier CHADOIN, Professeur HDR, ENSAP Bordeaux (rapporteur)
Mme. Laëtitia OVERNEY, Professeure HDR, Université Le Havre-Normandie (rapportrice)
Mme. Véronique BIAU, Architecte-Urbaniste en chef de l’État, HDR, ENSA Paris-la-Villette (examinatrice)
M. François TAULELLE, Professeur HDR, INU J-F Champollion (Albi) (examinateur)
Mme. Elise MACAIRE, Maîtresse de conférences, ENSA Paris-la-Villette (examinatrice)
M. Christophe CAMUS, Professeur HDR, ENSA Bretagne (directeur)
Mme. Hélène BAILLEUL, Maîtresse de conférences, Université Rennes 2 (co-directrice)
Résumé :
Si la précarité rurale est un sujet principalement abordé depuis des entrées sociologiques et géographiques, rares sont les travaux qui l’abordent depuis le prisme architectural de l’habitat. Le secteur est pourtant témoin de difficultés sociales et bâties qui se déclinent depuis l’échelle individuelle à celle du territoire (Berthod-Wurmser et al., 2009 ). Cette réalité s’observe aussi sur le terrain où les dispositifs essaiment depuis les années 2010 afin d’améliorer l’habitat rural : aides à la rénovation énergétique, revitalisation des centres-bourgs, etc. Nombre de ces leviers institués peinent cependant à atteindre les individus précarisés, notamment du fait de la diversité des situations et de leur difficile repérage. Face à ce constat, l’architecte se présente aujourd’hui comme un acteur potentiel de l’amélioration de l’habitat rural. Ces dernières décennies ont en effet vu un retour de la profession sur les territoires de faible densité perçus comme espaces de renouvellement des pratiques et d’application d’un certain idéal d’architecture alternative (Magnaghi, 2003 ; Versteegh, Meeres, 2015 ; Masboungi, Hebert, 2024). Dans les faits, sa présence se fait rare lorsqu’il s’agit d’accompagner des ruraux en difficulté, ces derniers étant souvent orientés vers d’autres intervenants institutionnels ou associatifs historiquement engagés sur ces questions. Plusieurs questions guident alors cette recherche : quel rôle l’architecte peut-il jouer auprès de ruraux dont l’habitat participe d’une situation de précarité ? Quelle place occupe-t-il parmi les nombreux acteurs de l’amélioration de l’habitat ? Quelles pratiques adopter auprès de ces publics que les institutions peinent à identifier ? Quelle production architecturale peut émaner d’une coopération avec les habitants précarisés ?
Deux hypothèses principales structurent la réflexion en prenant volontairement appui sur des discours actuels qui traversent la profession. La première conçoit l’architecte comme un acteur privilégié pour répondre aux problématiques d’un habitat rural précaire ; la seconde envisage la co-conception avec les habitants comme une pratique adaptée à la spécificité des situations. Plusieurs enjeux sont évoqués : il s’agit, d’une part, de renforcer la compréhension d’un habitat rural précaire au-delà des focales institutionnelles souvent adoptées (précarité énergétique, accessibilité) et, d’autre part, d’étudier les effets d’une présence de l’architecte sur l’amélioration des situations individuelles et territoriales, dans une dimension relationnelle aux acteurs et dans les réponses spatiales apportées. Pour cela, la thèse adopte une démarche qualitative hybride. Elle rassemble sept enquêtes menées dans des contextes variés qui, de la recherche-action à l’observation non participante, s’intéressent aux modalités d’une co-présence entre architectes et ruraux précarisés à différents stades du projet d’habitat. Chaque investigation met alors en évidence des difficultés propres à la rencontre, de même qu’un rôle de l’architecte encore largement compromis dans ces contextes fortement marqués par les défaillances d’un habitat ordinaire et l’inéligibilité des personnes aux différents dispositifs d’aides. Mais au-delà des angles morts, des amalgames, des stigmates et des réorientations qui pèsent sur les protagonistes et les projets engagés, des perspectives se font jour et résident grandement sur la capacité de l’architecture à se transformer au gré de ses nouveaux publics et territoires d’exercice.
Mots-clés : architectes, architecture, espace rural, habitat, précarité, vulnérabilités, participation



